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Les dermatites allergiques saisonnières

31 août 2017

Votre animal se gratte, se mordille ou se lèche excessivement la peau. Saviez-vous qu’il pourrait souffrir d’allergie? Il existe différents types d’allergies: atopie saisonnière et annuelle, allergie alimentaire, allergie aux piqûres de puces et allergie de contact.

Atopie

Lorsque l’allergie est causée par une réaction anormale du système immunitaire contre des allergènes présents dans l’environnement, on parle alors d’atopie.  C’est la principale manifestation allergique chez le chien et le chat et il s’agit d’une maladie allergique liée au contact des allergènes avec la peau.

Ces allergènes peuvent être variés: les pollens d’arbres, d’herbes ou de mauvaises herbes, les acariens de poussière, les moisissures, les plumes, les poils, etc. Selon le type d’allergène en cause, la réaction allergique peut avoir un cycle saisonnier (pollen) ou persister à l’année longue  (poussières, poils, moisissures, etc.).

L’atopie saisonnière  apparaîtra à un temps spécifique de l’année, entre la fonte des neiges et les premières neiges de l’hiver, puis disparaîtra pour revenir l’année suivante à la même période.

Chez l’homme, les symptômes de l’allergie saisonnière  se manifestent surtout par des signes respiratoires tels la congestion nasale et les éternuements -le rhume des foins-, mais chez le chien et le chat on constate surtout des signes cutanés.

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Au Québec, les pollens sont présents dans l’air pendant trois périodes distinctes.

  • Au printemps, c’est le pollen des arbres et des arbustes qui est présent.
  • Au début de l’été, c’est le pollen des plantes herbacées (y compris le gazon).
  • Puis, de la fin juillet jusqu’au début de l’automne, c’est au tour de l’herbe à poux.

Dans cet article nous allons nous concentrer sur les allergies saisonnières.

Les symptômes de l’atopie saisonnière

Les symptômes toujours présents sont causés par les démangeaisons. L’animal atteint se gratte, se lèche et se mordille. Les démangeaisons seront particulièrement intenses aux pattes, aux aisselles, sur  l’abdomen, les flancs, le visage et les oreilles. Bref, les régions en contact avec le pollen tombé au sol.

Le chien ou le chat qui développe des allergies saisonnières sera allergique toute sa vie. Il s’agit d’une maladie chronique récurrente. Par contre, l’intensité des symptômes peut varier d’une année à l’autre selon la quantité de pollen présent dans l’environnement.

L’inflammation et le dommage causé par le grattage sont parfois si intenses  qu’ils fragilisent la peau et entraînent des complications comme des infections secondaires. Des micro-organismes (bactéries ou levures) normalement présents sur la peau vont alors croître de façon anormale et pénétrer la surface de la peau causant ainsi une infection.  Un animal atteint d’atopie n’est pas contagieux même si sa peau est infectée par des bactéries ou des levures.
Votre animal peut aussi présenter un ou plusieurs des signes suivant:

  • rougeurs
  • boutons
  • croûtes
  • perte de poil
  • pelage gras, mauvaise odeur
  • pigmentation et épaississement de la peau
  • plaques surélevées rouges et suintantes ou bouton à la lèvre (chez le chat)
  • toilettage excessif (chat)
  • otites
  • écoulements oculaires, conjonctivites
  • rhinite (écoulement nasal)

Comment diagnostiquer une atopie

Le diagnostic sera établi par le vétérinaire suite à un examen physique. Les symptômes, la localisation des lésions, l’âge, la mise en évidence d’un rythme saisonnier, la race de l’animal  et la réponse aux traitements antérieurs seront des éléments qui le guideront. Le vétérinaire devra parfois effectuer des tests avant d’arriver à la conclusion qu’il s’agit d’une allergie et éliminer les autres causes de démangeaison telles que les parasites cutanés, les maladies infectieuses ou une allergie alimentaire. Votre vétérinaire pourrait vous recommander des grattages cutanés, des cytologies, une culture fongique ou même une diète hypo allergène.
L’atopie se développe le plus souvent chez le jeune adulte âgé de 1 à 3 ans. L’origine de l’atopie est génétique et est souvent héréditaire. On constate  plus d’allergies cutanées chez les races suivantes, bien que plusieurs autres races puissent en être atteintes.

  • Golden retriever
  • Labrador
  • Bouledogue anglais, français
  • American Staffordshire terrier
  • Boxer
  • West Highland white terrier
  • Yorkshire terrier
  • Lhassa Apso, Shih Tzu
  • Setters
  • Fox terriers

 

Comment traiter l’atopie

Il faut consulter le vétérinaire dès l’apparition de démangeaison ou de lésions. Le risque de lésions et d’infections secondaires augmente lorsque les symptômes perdurent.

Le traitement de l’allergie saisonnière est possible grâce à une approche globale.

 

Le traitement des symptômes

Il existe différentes médications efficaces pour contrôler les démangeaisons et diminuer  l’inflammation de la peau de votre animal en période d’allergie. Il est à noter que ces traitements ne permettent en aucun cas de guérir l’animal mais simplement de contrôler les symptômes. Si les traitements sont interrompus, les symptômes récidiveront rapidement si les pollens responsables sont encore présents dans l’environnement.
Le soulagement est possible  grâce  aux médications «anti-allergies» orales comme les antihistaminiques,  les glucocorticoïdes (cortisone) et la cyclosporine. Le vétérinaire basera son choix selon la sévérité des symptômes et l’intensité de l’inflammation. Le dosage sera également ajusté en conséquence.
Les antihistaminiques diminueront l’effet de l’histamine qui est libérée lors de la réaction allergique et est responsable des symptômes. Utilisé seul, l’antihistaminique sera suffisant pour le contrôle des allergies légères à modérées uniquement. Lors d’allergies nécessitant un traitement plus puissant, il pourra être utilisé simultanément à la cortisone afin de diminuer la quantité de cortisone requise pour contrôler les symptômes.

Certains antihistaminiques vendus sous ordonnance sont reconnus pour leur plus grande efficacité chez le chien et le chat que les antihistaminiques en vente libre.

Notez que les antihistaminiques de 2ème génération  (Reactine, Aerius, Claritin) n’ont pas d’effet significatif chez le chien et le chat.
La cortisone (prednisone, prednisolone, Vanectyl-P* ) est une médication plus efficace que les antihistaminiques pour le contrôle des allergies puisqu’il s’agit d’un anti-inflammatoire agissant sur le système immunitaire. Son usage se fait sous ordonnance. Un examen physique est requis avant de débuter la médication afin de s’assurer de l’absence de contre-indications majeures.

Souvent une combinaison de cortisone et d’antihistaminiques sera recommandée. En combinant les deux médications, leur synergie permet de d’administrer  moins de cortisone et de diminuer ainsi ses effets secondaires indésirables. La cortisone est disponible en comprimés mais également sous forme d’onguent, de vaporisateur et de shampoing. L’usage,  lorsque possible, de cortisone topique permet également de diminuer le dosage de cortisone orale et de diminuer ses effets secondaires.

(*) Le Vanectyl-P combine la prednisolone et un antihistaminique.

Comment utiliser la cortisone

Le but est d’administrer  la dose la plus petite qui permettra de contrôler les symptômes.

De cette façon les effets secondaires (voir la section suivante) seront amoindris.

La cortisone est administrée à tous les jours au départ, afin de résoudre l’inflammation et les symptômes. Par la suite, le dosage sera diminué graduellement puis administré aux 48 heures jusqu’à ce que la dose minimale efficace administrée aux 48 heures soit trouvée.

L’administration de la cortisone aux 48 heures, plutôt que chaque jour, diminue le risque d’atrophie (diminution de la taille et du fonctionnement) des glandes surrénales du patient traité.

Si les démangeaisons récidivent après avoir diminué la dose, cela indique que le nouveau dosage  n’est plus suffisant pour contrôler l’allergie. Il faudra alors revenir à la dose précédente efficace, souvent après avoir administré la médication chaque jour jusqu’à ce que les symptômes soient de nouveau contrôlés. Contrairement aux antibiotiques, vous devez adapter la posologie au besoin de l’animal sans dépasser la dose maximale indiquée par votre vétérinaire.

 

Effets secondaires possibles de la cortisone

Plusieurs de nos clients nous font part de leurs craintes lorsqu’il est question de prescrire

la cortisone à leur animal. Ces craintes sont fondées sur leur expérience personnelle ou celles de leurs proches qui ont eu à prendre cette classe de médicaments. Heureusement, la cortisone est définitivement mieux tolérée par  le chien et le chat que par l’homme. Ses effets secondaires sont souvent temporaires et rapidement atténués  lors de la diminution de la dose.

  • Augmentation de la production d’urine (perte d’eau plus grande par les reins) causant une augmentation de la soif pour compenser les pertes accrues.  La sensibilité à cet effet secondaire varie d’un patient à l’autre. Certains chiens devront être sortis plus souvent sans quoi des mictions dans la maison pourraient survenir. Comme la cortisone ne cause pas une augmentation directe de la soif mais plutôt une perte d’eau par les reins, la restriction en eau ne devrait jamais être utilisée pour tenter de contrôler cet effet secondaire.
  • Augmentation de l’appétit. La cortisone ne fait pas engraisser à moins que vous permettiez à votre animal de consommer plus que ses besoins en calories. Le contrôle des calories est impératif pour éviter un gain de poids en cours de traitement.
  • Halètement.
  • Léthargie et baisse de l’endurance à l’exercice physique.
  • Si votre animal doit prendre cette médication pour une période prolongée, d’autres problèmes pourraient survenir (diabète, prédisposition aux infections, développement du syndrome de Cushing, atrophie des glandes surrénales, etc.), surtout si la médication était administrée tous les jours plutôt qu’aux 2 jours et à des dosages élevés.
  • Comme la cortisone diminue la défense immunitaire, il est important d’aviser votre vétérinaire  en cas d’apparition de tout signe d’infection (yeux, oreilles, peau, système respiratoire etc.). Si votre animal présente une perte d’appétit, des vomissements ou de la diarrhée, il faut en cesser l’administration et contacter son vétérinaire.

 

La cyclosporine (Atopica) est un médicament immunosuppresseur qui est homologué depuis quelques années pour le contrôle des symptômes de l’atopie. Il s’agit d’une médication très efficace, sans les effets secondaires de la cortisone, mais dont l’usage est restreint par un coût très élevé par rapport aux médications précédentes.
Les acides gras essentiels oméga-3 sont considérés comme une aide au traitement. Ces acides gras ont des propriétés anti-inflammatoires  naturelles.

 

Comment traiter l’atopie – Le traitement des infections secondaires

 L’inflammation de la peau causée par l’allergie affecte les mécanismes naturels de défense. Cela résulte en une augmentation du risque d’infections secondaires. Ces infections seront également favorisées par le traumatisme physique que l’animal inflige à sa peau en se grattant, se mordillant, se léchant et se frottant.

Les cytologies guideront le praticien à prescrire la ou les bonnes médications afin d’enrayer ces infections qui peuvent être bactériennes ou fongiques, nécessitant des traitements différents. Il peut s’agir de médication orale, de crème, de vaporisateur ou de shampoing médicamenté. Ces infections exacerbent les démangeaisons. Elles doivent être adressées correctement sans quoi le traitement contre l’allergie échouera.

 

Comment traiter l’atopie – Traitement de désensibilisation

La désensibilisation consiste à administrer au patient, à dose croissante, les allergènes auxquels il est allergique. L’objectif est d’induire à long terme une tolérance aux pollens qui causent la réaction allergique.

 À cause des coûts associés à ce traitement et de l’implication requise de la part  des propriétaires de l’animal, cette option de traitement sera habituellement réservée à certains patients. Entre autres à ceux dont la saison d’allergie est longue (plus de 2-3 mois), ceux qui présentent des symptômes d’allergie sévères et difficilement contrôlables avec les médications usuelles, ceux qui développent des infections secondaires difficiles à gérer ou ceux chez qui les médications qui contrôlent les symptômes seraient contre-indiquées ou mal tolérées.

 Une fois le diagnostic établi, le patient nécessitant une thérapie de désensibilisation sera référé par le vétérinaire généraliste à un dermatologue vétérinaire. Ce dernier effectuera des tests afin d’identifier les différents allergènes environnementaux auxquels l’animal est allergique.

 Il existe deux types de tests. Le premier consiste en un test cutané appelé test d’allergie intradermique.  Il consiste à observer la présence ou l’absence de réaction allergique provoquée par des injections dans le derme de différents allergènes. Ce test s’effectue  lorsque la peau est non irritée et non infectée. Le patient ne doit pas avoir reçu de  cortisone  depuis au moins 3 semaines ni d’antihistaminiques depuis au moins 10 jours au moment d’effectuer le test intradermique.

Le deuxième type de test est un test sanguin (sérologique). Il consiste à détecter la présence d’anticorps contre différents allergènes de l’environnement en période active d’allergies. Le consensus en dermatologie vétérinaire  est que le test cutané est recommandé en premier lieu car il est beaucoup plus fiable.

Une fois les allergènes identifiés, il sera possible d’entamer un programme de désensibilisation du système immunitaire de votre animal à l’aide d’une série de vaccins administrés à la maison. Ce traitement entraîne rarement  des effets secondaires. Environ 70 % des animaux traités vont ressentir des effets bénéfiques. Initialement, les injections se donnent à toutes les semaines, à dose croissante. Le dermatologue ajuste la fréquence et le dosage des injections selon la réponse et la tolérance du patient. Le traitement sera administré pendant plusieurs mois, voire des années.

Comment traiter l’atopie – Décontaminer l’environnement et contrôler l’accès à l’environnement

 Garder votre animal éloigné après avoir coupé le gazon. Ramasser les débris et les feuilles mortes.

  • En période d’allergies, évitez les promenades dans les champs et les terrains vagues, surtout si vous avez déjà noté une exacerbation des symptômes d’allergie chez votre chien après l’y avoir promené.
  • Ramasser les plants d’herbe à poux dès leur apparition. L’herbe à poux est responsable des nombreux cas d’allergies vus en clinique de la fin juillet à la fin août.
  • Donner des shampoings au besoin afin de débarrasser la peau des pollens. Consultez un vétérinaire afin d’obtenir une recommandation quant au shampoing à utiliser dans le cas de votre animal.
  • Administrez à votre animal un produit antipuce mensuel recommandé par votre vétérinaire. Les chiens qui souffrent de dermite atopique peuvent aussi être très sensibles aux piqûres de puces.

 

Conclusion

L’allergie saisonnière  est un problème commun chez nos animaux à 4 pattes. Les vétérinaires estiment que 14,4% des chiens en sont touchés. Environ les deux tiers de ceux-ci sont des cas chroniques selon une étude réalisée par Novartis Santé Animale Canada.

 Les animaux atteints requièrent des soins spécifiques.

Consulter un vétérinaire  tôt est important afin d’éviter les infections secondaires et de soulager rapidement votre compagnon de ce désagrément estival.

Nos vétérinaires prendront le temps de vous guider afin de trouver une solution convenant à votre animal. 

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